Commerce et retail
Surfaces commerciales, pieds d'immeuble et centres commerciaux : hiérarchie des emplacements, loyer au chiffre d'affaires, impact du e-commerce et reconversion des surfaces vacantes.
Le commerce, c'est la vitrine de la ville : boutiques en pied d'immeuble, arcades de la rue de Bourg à Lausanne, rue du Rhône à Genève, centres commerciaux de périphérie. C'est la classe où l'emplacement compte le plus au monde, et celle que le e-commerce a le plus secouée. Bien comprise, elle reste très rentable ; mal évaluée, elle se transforme en surface vacante impossible à relouer.
Deux grandes familles
- Pieds d'immeuble (arcades) : surfaces commerciales au rez d'un immeuble, en rue. Valeur entièrement dictée par le flux piéton de la rue.
- Centres commerciaux : grands ensembles avec locomotive (supermarché) et galerie de boutiques. Gérés activement, avec un mix de locataires pensé.
- Retail park / périphérie : grandes surfaces spécialisées (bricolage, ameublement) accessibles en voiture.
Emplacement n°1 contre emplacement secondaire
En retail, on parle d'emplacement 1A : la meilleure portion d'une rue commerçante, là où le flux piéton est maximal. Quelques mètres plus loin, dans une rue adjacente, c'est déjà un emplacement secondaire, avec un loyer qui peut chuter de moitié. Cette hiérarchie est brutale et très locale.
Emplacement 1A
- Flux piéton maximal, rue principale
- Vitrine très visible, forte attractivité
- Loyers élevés, files d'attente d'enseignes
- Faible vacance même en crise
Emplacement secondaire
- Rue adjacente, flux réduit
- Visibilité moindre
- Loyers nettement plus bas
- Vacance fréquente, relocation difficile
Le loyer au chiffre d'affaires
Particularité du retail : le bail prévoit souvent un loyer au chiffre d'affaires. Le locataire paie un loyer de base fixe, plus un pourcentage de son chiffre d'affaires au-delà d'un seuil. Le bailleur partage ainsi le succès de l'enseigne, mais aussi son risque. C'est fréquent dans les centres commerciaux.
L'impact du e-commerce
Le commerce en ligne a frappé fort certains segments (électronique, vêtements, livres) et épargné d'autres (alimentation, restauration, services, soins). Résultat : le retail s'est polarisé. Les emplacements 1A et le commerce dit d'expérience résistent ; les surfaces secondaires moyennes souffrent. Un agent doit savoir distinguer une arcade qui se reloue d'une coquille vide.
- Résistent au e-commerce : alimentation, pharmacie, restauration, coiffure, services de proximité, expériences.
- Exposés au e-commerce : habillement standard, électronique, librairie, biens facilement comparables en ligne.
- Atout : un commerce qui sert aussi de point de retrait / showroom combine physique et en ligne (
click and collect).
Reconvertir une surface vacante
- Pied d'immeuble (arcade)
- Surface commerciale située au rez-de-chaussée d'un immeuble, ouverte sur la rue. Sa valeur dépend du flux piéton.
- Emplacement 1A
- La meilleure portion d'une rue commerçante, au flux piéton maximal. Loyers les plus élevés, vacance la plus faible.
- Loyer au chiffre d'affaires
- Loyer composé d'une part fixe et d'un pourcentage du chiffre d'affaires du locataire, fréquent dans les centres commerciaux.
- Reconversion
- Changement d'usage d'une surface (commerce vers santé, sport, logement), souvent soumis à autorisation et à l'affectation de zone.
- Mix locatif
- Combinaison réfléchie d'enseignes dans un centre commercial pour maximiser le flux de clients et donc les loyers de tous.