Techniques de négociation
Intérêts contre positions, MESORE, ancrage : négocier au bénéfice des deux parties.
Négocier en immobilier, ce n'est pas arracher le maximum à l'autre. C'est trouver l'accord qui tient, où chaque partie estime avoir fait une bonne affaire. Une négociation gagnée à l'arraché capote souvent avant le notaire. Ton rôle d'intermédiaire est de rapprocher, pas d'opposer.
Positions contre intérêts
C'est le principe fondamental de la négociation raisonnée (méthode Harvard). La position est ce que la personne demande ; l'intérêt est la raison profonde derrière. Deux parties aux positions opposées peuvent avoir des intérêts compatibles.
- Position
- La demande affichée. « Je veux 1,3 million. » « Je ne paie pas plus de 1,1. » Les positions s'affrontent.
- Intérêt
- Le besoin réel derrière la position. Le vendeur veut financer sa retraite ; l'acheteur veut emménager avant la rentrée scolaire. Les intérêts se combinent.
- MESORE / BATNA
- Meilleure Solution de Rechange : ce que la partie fera si la négociation échoue. Connaître sa propre MESORE et estimer celle de l'autre dit où est le vrai pouvoir.
- Ancrage
- Le premier chiffre annoncé qui sert de point de référence à toute la suite de la négociation. Celui qui ancre bien oriente la zone d'accord.
- Zone d'accord (ZAP)
- L'intervalle entre le prix maximum de l'acheteur et le prix minimum du vendeur. S'il n'y a pas de chevauchement, pas d'accord possible.
L'ancrage : qui annonce le premier ?
Contrairement à l'intuition, annoncer le premier chiffre est souvent un avantage : il fixe le point de référence. Un prix de mise en vente bien posé ancre les acheteurs. Mais un ancrage doit rester crédible : un chiffre délirant ne sert pas de référence, il fait fuir ou fait perdre toute confiance. Ancre haut mais justifiable.
Le déroulé d'une négociation de prix
Négociation positionnelle
- Chacun campe sur son chiffre
- Le rapport de force décide
- Une partie gagne, l'autre se sent lésée
- L'accord est fragile, capote souvent
Négociation raisonnée
- On cherche les intérêts derrière les chiffres
- On élargit le gâteau (délais, conditions, mobilier)
- Les deux estiment avoir bien fait
- L'accord tient jusqu'au notaire