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Optimiser et renégocier son hypothèque

Mise en concurrence des banques, courtier, taux d'effort et tenue des charges au taux théorique.

Une hypothèque n'est pas figée à vie. À chaque échéance, l'emprunteur peut renégocier, mettre les banques en concurrence ou passer par un courtier. Et au cœur de toute décision de crédit se trouve un calcul que tu dois savoir refaire de tête : le taux d'effort et la tenue des charges au taux théorique. C'est l'outil qui te dit en 30 secondes si un acheteur peut financer un bien.

Renégocier et mettre en concurrence

Beaucoup d'emprunteurs renouvellent passivement leur hypothèque auprès de leur banque historique, qui leur sert un taux « maison » rarement le meilleur. La parade : demander des offres à plusieurs banques (UBS, Raiffeisen, BCV, BCGE, banque cantonale, assureurs) avant l'échéance. Quelques dixièmes de pour cent économisés sur une grosse dette représentent des milliers de francs par an.

Courtier hypothécaire
Intermédiaire qui compare les offres de plusieurs banques et assureurs pour l'emprunteur, et négocie les conditions. Rémunéré par commission ou honoraire.
Mise en concurrence
Fait de solliciter plusieurs prêteurs en parallèle pour obtenir le meilleur taux et les meilleures conditions avant de signer ou de renouveler.
Taux d'effort
Part du revenu brut consacrée aux charges théoriques du logement (intérêts au taux théorique + entretien + amortissement). Doit rester sous environ un tiers du revenu.
Taux théorique
Taux d'intérêt prudentiel (environ 5%) que la banque utilise pour tester la capacité de l'emprunteur, même si le taux réel du marché est bien plus bas. Garantit qu'il tiendrait une hausse des taux.
Le courtier, allié ou concurrent ?
Un bon courtier hypothécaire fait gagner du temps et de l'argent à ton acheteur, et fluidifie la transaction (un financement bouclé = une vente sécurisée). En entretenir un ou deux dans ton réseau, c'est rendre service au client et accélérer tes signatures.

La tenue des charges : la règle des deux tiers / un tiers

La banque calcule les charges théoriques annuelles du bien et vérifie qu'elles ne dépassent pas environ un tiers du revenu brut de l'emprunteur. Ces charges se composent de trois éléments : les intérêts au taux théorique de 5%, l'entretien à 1% de la valeur du bien, et l'amortissement (la part de dette à rembourser sur ~15 ans). Si le total dépasse le tiers du revenu, le dossier ne passe pas, même si l'épargne suffit.

  1. Intérêts théoriques : dette × 5% (taux prudentiel, pas le taux réel)
  2. Entretien et frais accessoires : 1% de la valeur du bien
  3. Amortissement : part au-delà des 65% à rembourser, lissée sur ~15 ans
  4. Somme comparée à un tiers du revenu brut annuel
Tenue des charges pour un bien à 1 000 000 CHF
Prix du bien1 000 000 CHF
Fonds propres (20%)200 000 CHF
Hypothèque800 000 CHF
Intérêts théoriques (800 000 × 5%)40 000 CHF/an
Entretien (1 000 000 × 1%)10 000 CHF/an
Amortissement (2e rang ~15 000 CHF/an)15 000 CHF/an
Total charges théoriques65 000 CHF/an
Revenu brut requis (charges ≤ 1/3)≥ 195 000 CHF/an
Le point clé
Mémorise la formule : intérêts à 5% + entretien à 1% + amortissement, le tout ≤ un tiers du revenu brut. C'est LE test de capacité. Un acheteur qui le passe peut acheter ; un acheteur qui le rate ne passera pas, peu importe son enthousiasme.
Application concrète
Un couple gagne 180 000 CHF brut/an et vise le bien ci-dessus (charges théoriques 65 000). 65 000 / 180 000 = 36%, au-dessus du tiers. Refusé tel quel. Solutions : apporter plus de fonds propres (baisser la dette et donc les intérêts), viser un bien moins cher, ou ajouter un co-emprunteur. Tu poses le diagnostic en deux minutes.
Dans le calcul de tenue des charges, quel taux d'intérêt la banque applique-t-elle pour tester l'emprunteur ?
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