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Résiliation et protection contre les congés

Délais et termes, congé ordinaire et extraordinaire, congé abusif et prolongation de bail.

Le congé est le moment le plus tendu du bail. Mal donné, il est annulable ; bien contesté, il offre au locataire une protection puissante. Tu dois connaître les délais, les termes et les motifs d'annulation pour conseiller juste, que tu défendes un bailleur ou que tu rassures un locataire.

Congé ordinaire : délai et terme

Pour un logement, le délai de congé légal minimum est de 3 mois (art. 266c CO), pour le terme fixé par le bail ou, à défaut, l'usage local. Un congé qui ne respecte pas le terme est reporté au terme suivant. Le congé du bailleur doit être donné sur formule officielle, sous peine de nullité (art. 266l CO). En cas de logement familial, il doit être notifié séparément à chaque époux (art. 266n CO).

Congé ordinaire
Résiliation pour le terme convenu, en respectant le délai légal ou contractuel (3 mois minimum pour l'habitation).
Congé extraordinaire
Résiliation anticipée pour un motif prévu par la loi (non-paiement, justes motifs, faillite, décès, etc.).
Congé abusif
Congé contraire aux règles de la bonne foi, annulable par le juge (art. 271-271a CO), p. ex. congé-représailles.
Formule officielle de congé
Document agréé par le canton que le bailleur doit utiliser pour résilier un bail d'habitation ; à défaut, le congé est nul.
Prolongation de bail
Report de la fin du bail accordé par l'autorité au locataire dont le congé valable cause des conséquences pénibles (art. 272 ss CO).

Congé extraordinaire

  • Demeure du locataire : non-paiement du loyer ; après mise en demeure écrite avec délai (30 jours) et menace, congé à 30 jours pour la fin d'un mois (art. 257d CO).
  • Justes motifs : circonstances rendant insupportable la poursuite du bail (art. 266g CO).
  • Violation du devoir de diligence : après avertissement écrit resté vain (art. 257f CO).
  • Décès du locataire, faillite, aliénation de la chose : cas particuliers prévus par le CO.
Le congé pour non-paiement : la procédure est stricte
Tu dois d'abord mettre le locataire en demeure par écrit, lui fixer un délai de 30 jours et le menacer expressément de résiliation (art. 257d CO). Seulement après, tu peux résilier avec un préavis de 30 jours pour la fin d'un mois. Sauter une étape rend le congé inopérant.

Protection contre les congés

Le locataire qui reçoit un congé peut le contester devant l'autorité de conciliation dans les 30 jours (art. 273 CO). Il peut demander l'annulation du congé s'il est abusif (congé-représailles, congé pendant une procédure, congé sans motif réel) ou, si le congé est valable, une prolongation de bail pouvant aller jusqu'à 4 ans pour un logement, le temps de retrouver un autre logement.

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1. Réception du congé
Le locataire reçoit le congé sur formule officielle.
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2. Délai de 30 jours
Il a 30 jours pour saisir l'autorité de conciliation, en annulation et/ou en prolongation.
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3. Conciliation
L'autorité tente un accord (échelonnement du départ, prolongation négociée).
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4. Tribunal des baux
Sans accord, le tribunal statue sur la validité du congé et l'éventuelle prolongation.
Le point clé
Retiens les trois chiffres : congé habitation = 3 mois de délai, contestation = 30 jours, prolongation maximale logement = 4 ans. Avec ça, tu réponds à 80% des questions d'un client sur le congé.
Dans quel délai un locataire doit-il contester un congé qu'il estime abusif ?
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