L'effet de levier : faire travailler la dette
Comment l'hypothèque démultiplie le rendement sur fonds propres, et quand le levier devient un piège.
C'est ici que l'immobilier direct devient redoutable. L'effet de levier, c'est le mécanisme qui consiste à investir en grande partie avec l'argent de la banque. Tant que le bien rapporte plus que ce que coûte la dette, chaque franc emprunté augmente le rendement sur les fonds propres du client. C'est le moteur de presque toutes les fortunes immobilières.
- Effet de levier
- Utiliser de la dette pour augmenter le rendement sur fonds propres. Positif si l'actif rapporte plus que le coût de la dette, destructeur dans le cas inverse.
- Cash-flow
- Ce qui reste des loyers nets une fois les intérêts hypothécaires payés. L'argent réellement disponible chaque année.
- Coût de la dette
- Le taux d'intérêt hypothécaire. Tant qu'il est inférieur au rendement net de l'immeuble, le levier joue en faveur de l'investisseur.
Le calcul qui change tout
Reprenons l'immeuble à 2'000'000 francs qui dégage 80'000 francs de loyers nets, soit 4% net. Sans dette, le client sort 2'000'000 de sa poche et touche 80'000 : son rendement sur fonds propres est de 4%, identique au rendement net. Maintenant, finançons-le à 60% par une hypothèque à 1,5%.
Quand le levier se retourne
Le levier amplifie dans les deux sens. Si le taux hypothécaire dépasse le rendement net de l'immeuble, chaque franc emprunté détruit du rendement. Imagine le même immeuble, mais des taux qui montent à 5% : les intérêts sur 1'200'000 passent à 60'000 francs, le cash-flow tombe à 20'000, et le rendement sur fonds propres s'effondre à 2,5% (20'000 / 800'000), sous le rendement non endetté de 4%.
Levier positif (taux 1,5%)
- Loyers nets : 80'000
- Intérêts : 18'000
- Cash-flow : 62'000
- Rendement fonds propres : 7,75%
- La dette enrichit le client
Levier négatif (taux 5%)
- Loyers nets : 80'000
- Intérêts : 60'000
- Cash-flow : 20'000
- Rendement fonds propres : 2,5%
- La dette appauvrit le client